Saison 2026/2027
LES CRÉATIONS
- Pierre-Yves Chapalain
Kahena Saïghi - Nicole Charpail
- Santiago Sanguinetti
Ana Karina Lombardi - Séverine Rième
- Magda Kachouche
Festival Playground - RCI93 - Gaëtan Brun Picard
Fernando Cabral
Festival Faits d'Hiver - Gwenoline Soublin
Etienne Pommeret - Agnès Marietta
Julien Gallix - Boris Marme
Sophie Bezard
Louis-Jean Corti - Massandje Sanogo
- Fabrice Clément
Tristan Le Doze - Noé Lovie
LES RÉSIDENCES DE RECHERCHE
RÉSIDENCE DE RECHERCHE
NOVEMBRE 2026
© Tous Croient Toujours
Sophie Dajean
Matteo Renouf
Timothée Vierne
Dramaturgie
Rachel de Dardel
Création lumières
Oriane Trably
Création sonore
Yves Bartlett
Lucas Boutignon
Timothée Vierne
Scénographie
Antonin Fassio
Vendredi 06 novembre
à 11h
SORTIE DE RÉSIDENCE
Sur scène, ils sont trois. Guillaume & Mathilde. Duc et duchesse. Roi et reine. Et puis un témoin-musicien. Ensemble, ils déambulent dans des fragments, historiques ou rêvés, d’une époque médiévale aux contours incertains – celle de la Tapisserie de Bayeux et des corporalités curieuses et lointaines auxquelles elle invite.
Ici, chaque biographie s’affirme comme une destinée en guerre : que celle-ci se mène dans l’intimité de l’espace domestique ou dans les plaines normandes, chacun de ces élans cache une certaine violence, celle de l’Histoire qui écrase, répète et oublie. Comme un songe ou un vertige, Une farce traverse les époques jusqu’à notre contemporain, pour chercher dans ces grands récits historiques des échappées possibles.
Il y a quelque temps, alors de passage à Bayeux, nous en découvrons la Tapisserie. Plongées dans les broderies minutieuses, c’est comme si elle s’animait pour nous. Elle a cette simplicité de la représentation : un seul homme esquisse une armée, et un geste une émotion. À la sortie, il nous en reste le souvenir flou d’avoir pénétré pendant un moment dans une époque qui n’était pas la nôtre, d’avoir mesuré la distance qui séparait nos corps contemporains de leurs corps à eux et elles, corps à la fois historiques et rêvés, qui appartiennent tout autant à la grande histoire qu’à de multiples et infinies fictions.
C’est de cette tension-là que naît le projet Une farce, de cette volonté de se glisser dans des corps et des récits qui ne sont pas les nôtres et qui nous paraissent aujourd’hui lointains et étrangers, et de comprendre ce qui s’y joue.
Un dialogue alors s’initie, entre ce Moyen-âge que l’on étudie et que l’on rêve, et notre époque contemporaine aux actualités traumatiques. Faut-il chercher dans les corps étranges et emmêlés de la Tapisserie, dans ses couleurs et ses animaux fantastiques, une porte de sortie, une échappée du réel ? L’air de rien pourtant, le regard contemporain se fraye un chemin dans ces récits médiévaux, moins finalement pour en souligner la distance que pour y trouver des échos. Ce sont les mêmes guerres, les mêmes troubles, mais aussi les mêmes émois et les mêmes joies. Ce sont une sensibilité et un humour qui malgré tout s’affirment.
Au plateau, ces multiples fragments de vie tournent rapidement à l’absurde. Les interprètes se métamorphosent et les actions se répètent, comme dans un tourbillon : faire la guerre, mourir, faire la guerre, mourir ; faire l’amour, enfanter, faire l’amour, enfanter. La répétition de ces situations est à la fois drôle et violente, elle en dit beaucoup et avec peu, sur nos rapports humains et leurs déséquilibres. Dans cette polarité, d’un côté celle de l’homme en guerre, de l’autre celle de la femme en couche, nos conditions sociales s’esquissent et s’interrogent. Une farce se pense ainsi dans cet espace de rencontre entre les temps, les récits, les genres. C’est ce vertige que nous cherchons, celui de passer du rire aux larmes, d’être touché sans même s’y attendre par ces destins partagés par d’autres que nous, à la fois sensiblement proches et définitivement lointains.
À l’occasion de cette sortie de résidence, nous présenterons quelques fragments décalés des vies de Guillaume Le Conquérant et Mathilde de Flandre. Comme deux capsules qui se répondent sans se croiser. Une exploration théâtrale et chorégraphique de ces destinées médiévales à l'aune de notre contemporain, et de la place grandissante que celui-ci prend, sans crier gare, dans nos récits historiques.
Production Tous Croient Toujours
Coproduction La Halle ô Grains (Bayeux), Le Pad - La Cabine (Angers), Théâtre municipal Berthelot (Montreuil)
Soutien La Coopérative Chorégraphique (Caen), La Cité Théâtre (Caen), Le Doc (Paris), Cap Étoile (Montreuil), Théâtre Louis Jouvet, scène conventionnée des Ardennes (Rethel), Le Colombier (Bagnolet).
Le projet est lauréat de la Bourse à la Mise en Scène de la Fondation SACD - Beaumarchais

