Saison 2026/2027

LES CRÉATIONS

RÉSIDENCE DE RECHERCHE
NOVEMBRE 2026

 

© Compagnie Liria

 
Avec
Manon Falippou
Benoit Hamelin
Henry Lemaigre
Gaétan Poubangui

Collaboration dramaturgique
Jean-Baptiste Evette

Création musiques
Arnaud Delannoy

Création lumières
Flore Marvaud

Scénographie et décors
Julie Bossard

Costumes
Hanna Sjödin
 

Vendredi 27 novembre
à 11h
SORTIE DE RÉSIDENCE

À destination des professionnels
 
La Compagnie Liria travaille à la création de
L’HUMAIN EN TRANSIT – L’ENFANT DU PAYS
 
Écriture et mise en scène Simon Pitaqaj
 

Il y a cette mémoire du génocide albanais commis par les Grecs. Une douleur inscrite dans les gènes sans qu’on en ait toujours conscience, mais bien présente. Cela hante mon père, et se glisse insidieusement en moi, et dans les futures générations, parce qu’il n’y a jamais eu de réparation. C’est l’une des figures de mon histoire : le « blédard » mon père qui vit en France depuis cinquante ans, mais toujours avec une valise.
Il y a Corbeil-Essonnes, depuis 2018, je recueille la parole d’hommes et de femmes des quartiers populaires. Ils m’ont raconté leur pays, le fait d’être noir.e en France, l’éducation des enfants, et l’avenir qu’ils imaginent entre ici et là-bas. J’ai constaté que beaucoup vivent en France comme mon père en « transit » : jamais vraiment installés, toujours tournés vers le pays quitté, espérant un retour devenu impossible. Leur vie tient dans une « valise-mémoire ».
Il y a la nouvelle génération, née en France mais élevée dans la culture du pays d’origine, qui vit une autre forme de déchirement : trop éloignée pour suivre les pas des parents, mais en difficulté pour se projeter pleinement en France. Deuxième figure : L’enfant du pays, une génération en attente de perspectives.
Face à cela, une France et une Europe de plus en plus crispées sur la notion d’identité nationale, où la discrimination se banalise. Un pays qui valorise une identité unique. Troisième figure : le raciste blanc, jeune et dynamique.
Il y a Jeanne, celle que son grand-père appelle « Jeanne d’Arc », mais qui est mariée et a des enfants avec un homme noir. Elle est la honte, car elle incarne le multiple, la résistance.
Ici, je cherche à tendre un miroir : colonisation, racisme, génocide, autoritarisme. Je m’interroge sur l’avenir de la France et sur son choix futur entre une identité unique ou une identité multiple. Peut-on basculer ?
Peut-on construire un avenir sans réparation ?
Avons-nous la volonté, la force d’affronter ce qui a été tu, transmis, ignoré ?

 

Production Compagnie Liria
Résidences d'écriture La Chartreuse à Villeneuve-lez-Avignon (30) et au Théâtre de Corbeil-Essonnes (91).
Soutiens Région Île-de-France, GPS (Grand Paris Sud), La ville de Corbeil-Essonnes, La Médiathèque Chantemerle de Corbeil, Ville de Grigny, Association Cultures du cœur Essonnes, Le Colombier (Bagnolet).