Saison 2017/2018

LE 23 MARS À 20H30 / Création de texte

Représentation ouverte aux scolaires à 14h

Accessible à partir de 14 ans
 
 

 

Avec
Bryan Polach

Collaboration artistique
Bintou Dembele

Création lumière
Tony Jeanjean

Création son
Didier Leglise
 
En coréalisation avec Le Colombier, La Cie Alaska présente
 
VIOLENCES CONJUGUÉES
 
De Bryan Polach et Karine Sahler
 

Synopsis

Seul au plateau, le comédien incarne tour à tour ses proches et des situations de vie quotidienne pour raconter l’histoire d’une résilience.
Le parcours d’un homme, qui enquête sur son enfance. Ces coups dont il n’a pas de souvenirs, ce père qui ne l’est plus. Mais les récits des uns et des autres sont troués, et parfois même contradictoires. Alors la quête de vérité devient une quête de réconciliation.

 

Propos/ Bryan Polach

Un jour, j’ai demandé à ma mère de revenir une fois de plus sur les violences qu’elle avait subies entre mes 0 et 3 ans et ce à quoi nous avions assisté mes soeurs et moi particulièrement.
  Nous avions décidé que ce serait la dernière fois. J’en ai donc gardé une trace. J’ai enregistré notre échange avec sa permission. Puis j’ai réécouté plusieurs fois l’interview, comme pour m’immuniser.
J'ai commencé à jouer notre entretien après l’avoir passé à l’écrit.
Passer de sa parole à la mienne en tentant d’être fidèle à tout ce qui trahissait son émotion et la mienne. Ca pourrait presque être drôle me suis-je dis tellement c’est dur parfois, tellement c’est fou de vivre ça.
  Et si je racontais ce qui me fait le plus honte dans la vie, ce sentiment de lâcheté, parfois l'envie de tout casser, les deux conjugués. Et si mes fantômes, pour certains très vieux, bien plus vieux que moi, venaient m'aider à raconter cette histoire.

La violence est un point de départ, mais traitée plutôt sous l’angle de ce qu’on en fait, comment on s’en libère. Ainsi le spectacle n’est pas une enquête ou une reconstitution, encore moins une condamnation ou le récit d’une enfance malheureuse. Notre ambition est plutôt d'approcher une certaine légèreté, et même d’en faire naitre le rire.

 

Note d’intention

Ce qui nous intéresse, c’est de travailler la question de l’identité masculine. Nous nous interrogeons sur les injonctions latentes, explicites ou non, à une virilité souvent teintée de violence, qu’il s’agisse de protéger, d’être fort, puissant. L’influence des modèles sociaux féminins et les aliénations qu’ils peuvent causer nous semblent déjà travaillés dans la recherche et l’art, mais il nous semble plus rare de trouver ces processus décortiqués pour les hommes.

En acceptant que des vérités peuvent coexister, que les sentiments, même ceux qui sont indicibles et contradictoires, peuvent être nommés et exister ensemble, la compassion devient possible et l'homme peut prendre sa place. Un homme qui veut s'accomplir pleinement en acceptant ses peurs, ses fragilités, son impuissance et ses larmes.

L’hypothèse qui fonde notre travail est que raconter ce parcours individuel permet de poser des questions qui traversent les sociétés de manière plus collectives. Rapport à l’histoire et à la mémoire des évènements violents et tabous, identité et place des hommes.

 
 

Production Cie ALASKA. Coproduction Collectif 12 (Mantes la Jolie-78).
Avec l’aide à la création de la DRAC-Centre et de la Région Centre Val de Loire.
Ce spectacle a été sélectionné pour le dispositif Premières Lignes, organisé par l’Atelier à Spectacle, scène conventionnée de Vernouillet (28).
Résidences et présentations de maquettes : Théâtre Nanterre- Amandiers (92), Collectif 12 (78), Théâtre Paris Villette (75), Le CENTQUATRE-Paris (75), Festival Fragments, La Forge (18), La Pléiade (37), Théâtre Eurydice, Plaisir (78). Création à Mains d’Oeuvres (Saint-Ouen-93) en septembre 2017.