Saison 2020/2021

DU 4 AU 13 DÉCEMBRE 2020 / Résidence de création

Du lundi au samedi à 20h30 / Dimanche à 17h / Relâche dimanche 06 et jeudi 10 décembre
Représentation en journée le mercredi 09 décembre à 14h
À voir dès 16 ans
 
 

Jean Rhys collection privée (DR)

 

Avec
Nathalie Kousnetzoff
Bénédicte Le Lamer
Jules Churin
Magali Montoya

Composition musicale
et interprétation
Roberto Basarte

Lumière
Jean-Yves Courcoux

Scénographie
Marguerite Bordat
Caroline Ginet

Costumes
Virginie Gervaise

Régie générale
Johan Olivier

Administration de production
Silvia Mammano
 

Résidence de création
au Colombier
octobre-décembre 2020
 

Vendredi 11 décembre
Rencontre

Avec Magali Montoya
et l'équipe de création
À l'issue de la représentation
 
Dans le cadre de sa résidence au Colombier, Le Solstice d’Hiver présente
 
LES TIGRES SONT PLUS BEAUX À VOIR
D’après la vie et l’œuvre de Jean Rhys
Adaptation et mise en scène Magali Montoya
Traductions : Jacques Tournier, René Daillie, Claire Fargeot…
 
 
« Toute petite encore, avant même de savoir lire
je m’étais figuré que Dieu, ce quelque chose ou
ce quelqu’un d’étrange dont on m’avait parlé
était un livre. »
Souriez s’il vous plaît, Une autobiographie inachevée.
Jean Rhys
 
 

Propos / Magali Montoya

 

L’écriture comme rédemption
Certaines écritures demandent à revenir, ou a venir à notre rencontre, c’est tout l’art de certains auteurs de nous parler de loin, et de nous éveiller à l’essentiel.

Encore une fois je m’attache à une femme qui écrit
Après L’Homme-Jasmin d’Unica Zürn, après La princesse de Clèves de Madame de Lafayette,
Jean Rhys (1890/1979), anglaise, née à la Dominique, ayant vécu à Paris où a commencé sa vie d’écrivain dans les années 20
Une auteure qui m’a bouleversée jusqu’à garder en mémoire l’impact physique de sa découverte, et à ne céder en rien au désir de partager cette émotion.
Une auteure dont la vie a oscillé entre apparition magistrale et disparition incompréhensible de la scène littéraire, au point qu’on l’a crue morte de son vivant.

Ici pas d’histoires de cour, de grands de ce monde, mais plutôt des portraits de laissés-pour-compte, qui avancent à visage découvert, en dehors de la machine, mais résistants, avides de justice et de liberté. Un parlement des invisibles

D’un style à la tonalité inoubliable, l’écriture de Jean Rhys nous atteint toujours de manière inattendue, et nous laisse surpris, émerveillés.

En 1970, à l’occasion de la sortie en France de Les Tigres sont plus beaux à voir, Jacques Cabeau, critique littéraire écrit :
« Si trente ans après on redécouvre soudain les complaintes de Jean Rhys, ce n’est pas seulement pour son talent d’écrivain. C’est qu’elle dénonce la difficulté de vivre dans une société de la réussite obligatoire. Dans cette chronique des laissés-pour-compte, elle parle pour tous ceux qui ne sont ni toujours beaux, ni toujours jeunes, ni toujours dynamiques. A une société qui a fait du tigre dans le moteur le symbole de la compétition sauvage, Jean Rhys répond du fond du désastre des années 20, qu’en réalité les tigres sont plus beaux à voir que les hommes »

 

1920, 2020, un siècle.
D’un désastre à l’autre, Un battement de cils

Face à la brutalité, la mise au ban des plus faibles, le pouvoir de l’argent qui règne sans complexe, le cynisme et l’arrogance,
Que faire ?
Guetter, regarder, témoigner, avec lucidité et empathie
Aimer, l’œuvre de Jean Rhys est gorgée d’amour
Espérer, elle disait être une personne pleine d’espoir au fond
Triompher du désespoir
Vivre envers et contre tout
Ecrire

 

Rideau
Le spectacle s’ouvre par la nouvelle Le jour où elles brûlèrent les livres : deux enfants sauvent des livres d’un incendie volontaire. Toutes les thématiques chères à Jean Rhys sont déjà là, le pays natal, les blessures du colonialisme, la cruauté, le courage, l’épreuve, l’amour, l’exil, les livres enfin que l’enfant sauve avant que la vie entière de Jean n’avoue que ce sont les livres qui l’ont sauvée.
Et déjà cette mélodie des mots, et cet art si particulier de nous emmener vers une vérité implacable.
Un jeune homme rend visite à Jean Rhys – lui-même auteur en devenir- un pacte les lie,
il vient l’aider à ordonner son autobiographie.
Le spectacle va voyager entre récit d'instants de vie de Jean, issus de Souriez s’il vous plaît, Une autobiographie inachevée, et récits fictionnels, nouvelles, où nous la verrons apparaître à peine dissimulée derrière ses figures de papier.
Un tissage sensible entre le passé et le présent,
un chemin, de défaites en épiphanies.

 

La vie transcendée par l’écriture
Que nous nous retrouvions aux côtés de deux enfants qui sauvent des livres d’un incendie et s’enfuient
ou face à une madone dans une maison au fond d’une cour pavée proche des Champs-Elysées,
ou que nous atterrissions dans une chambre à trois sous de Bloomsbury où deux jeunes femmes s’enivrent et rient de leur destinée,
ou à la terrasse de la Rotonde ou du Dôme dans les années vingt,
ou chez une correspondante du Times à Paris, qui va faire basculer la vie de Jean Rhys et poser le sceau de son destin d’écrivain,
ou encore de retour avec elle et le jeune homme, dans l’intimité de leur relation qui s’apparente à une transmission secrète,
nous avancerons ensemble, dans l’anarchie d’une vie, aux battements de cœur irréguliers, vers l’insaisissable, la beauté des êtres et de leurs combats.

Que peut une passion dans une vie, quand elle prend la forme d’une plume ?
Nous laisser des amulettes contre le désastre.

A ses mots à elle, qui bondissent de la page avec la puissance des tigres, nous prêterons nos corps, nos voix, le plateau, le temps d’un soir.
Pour rejoindre l’indicible, le vivifiant, le salvateur,
L’espoir d’une vie meilleure en dépit de la réduction des temps présents,
les yeux rivés sur la seule valeur qui mérite d’être considérée, l’être humain.

 

Production Le Solstice d’Hiver, compagnie conventionnée par la DRAC d’île de France – Ministère de la Culture et de la Communication.
Coproduction Théâtre Molière Sète, Scène Nationale Archipel de Thau.
Avec l’aide de la SPEDIDAM.
Soutiens, accueils et résidences Le Moulin du Roc-Scène Nationale de Niort (79), Le Colombier-Bagnolet (93), Le théâtre Molière Sète-Scène Nationale Archipel de Thau (34), Le Colombier-théâtre de Magnanville (78).

Remerciements à 
Ellen Ruth Moerman, petite fille de Jean Rhys, directrice du Jean Rhys Ltd, pour son aide précieuse et son soutien au projet, Catherine Rovera, maître de conférence à l’université Paris-Dauphine et spécialiste de Jean Rhys, David Plante pour son autorisation d’utiliser des extraits de son entretien avec Jean Rhys et Christine Jordis, auteur de Jean Rhys, qui êtes-vous ?, La MC93, Maison de la culture de Seine-Saint- Denis, et le T2G, théâtre de Gennevilliers pour leurs mises à disposition de salles de répétitions.