Saison 2014/2015

LES 8 ET 9 JUIN 2015 À 19H/ Laboratoire des Auteurs-Metteurs en scène

Préfiguration / ÉVÈNEMENT GRATUIT

 
 
Avec
Rémy Chevillard
Raymond Hosny
Céline Laurentie
Léa Mécili
Mohad Sanou
Aurélie Toucas

Chorégraphie
et collaboration artistique
Lucile Latour

Dramaturgie
et collaboration artistique
Valérie Maureau

Univers sonore
Mazyar Zarandar

Création masques
Cyril Cabirol
 

En partenariat avec Le Colombier, Ma Quête Concept présente

PRÉNOM MASQUE
 
Écrit et mis en scène par Nebil Daghsen
 
 

L'envie d'écrire Prénom Masque est née à la lecture d'un fait-divers qui m'a bouleversé, voire obsédé. L'affaire est sordide. Un matin d'août 1987, une enfant d'à peu près quatre ans est retrouvée au bord de l'autoroute dans un pan de moquette. Aucune identité. Elle sera inhumée dans le cimetière du village qui longe ce morceau d'autoroute du centre de la France. Vingt-sept ans que cette affaire est ouverte, 7000 familles auditionnées et toujours rien. Le texte trouve sa source dans cette tragique histoire et s'en émancipe afin de poser les questions de la construction et destruction de l'identité et de la complexité humaine dans ses rapports d'amour et de violence.


Le prénom. Une particularité intéressante chez les Navajos fait que le vrai (pré)nom d'un Diné est enrobé de secrets et de mystères. D'abord, l'enfant n'a guère besoin d'être nommé dans le cadre familial. Même s'il est attribué quelque temps après la naissance, le “áji” (nom de guerre) est employé le moins souvent possible afin de ne pas le déposséder de son pouvoir protecteur. Spécialiste des Dinés, Marie-Claude Feltes-Strigler écrit : « Le nom d'une personne est son bien secret […]. Si une tierce personne l'a en sa possession, le nom n'est plus fiable et peut même se retourner contre son propriétaire. » Un Diné verra son “áji” masqué par les divers surnoms qu'il recevra sa vie durant et par ceux que l'État civil lui attribue. Aussi, existe-t-il en Mongolie une pratique similaire et bien vivante, surtout hors des agglomérations, qui consiste à mal nommer son enfant de façon à dissuader les esprits malfaisants de lui nuire ou de l'enlever.
Ce texte trouve sa force dans un manque, une absence : celle de la non-possession par cette enfant d'un simple prénom. C'est cette quête d'identité de chacun que chuchote Prénom Masque.

En outre, il y a l'envie forte comme une évidence que la danse incarne les « espaces-temps », là où le mot ne porte plus l'émotion.
Mon travail est guidé par la conception théâtrale de Jerzy Grotowski. À la recherche d'un «acte total», d'un dépassement des limites, il a révolutionné l'idée du théâtre en le basant sur un travail physique éclatant les frontières entre danse et théâtre.
C'est ici la force du théâtre que je défends, un théâtre qui assume sa pauvreté. Son aspect d'abord « d'expérience unique et éphémère » et puis son essence même, simplement la présence d'un acteur et d'un spectateur. Désenchantement... Désillusion peut-être. L'action dramatique varie selon le regard de chacun.
Nous cherchons à trouver un rythme fluide et harmonieux dans les relations nouées entre les acteurs, les masques, le plateau nu, les corps, les images, la temporalité de l'action réelle et celle de la vidéo.
Notre travail permet de réinventer à notre époque l'idée fondamentale de Grotowski pour se l'approprier : faire du théâtre un acte total où s'abolissent les frontières entre danse et théâtre et qui soit aussi pour les participants un acte de dépassement de leurs propres limites.

 

Coproduction : Ma Quête Concept, Le Forum Théâtre (en cours)